Archive | novembre, 2012

LE LOUP

7 Nov

1Morphologie du loup

La tête du loup est beaucoup plus massive que celle du chien. Il possède 42 dents composées de six incisives, deux canines, huit prémolaires et six molaires.La mâchoire supérieure a deux molaires en moins.

Ses canines ou crocs mesurent 6 cm dont 2 cm sont enchâssés dans la gencive. Elles lui servent à mettre à mort sa proie. Pour la dépecer, le loup utilise ses incisives tranchantes.

Les muscles de la mâchoire sont puissants et lui permettent de broyer des crânes ou de déplacer une proie trois fois plus lourde que lui.

Comme le chien, le loup possède 5 doigts aux pattes avant et 4 aux pattes arrière. Les griffes ne sont pas rétractiles comme chez les félidés.

Les loups sont d’excellents coureurs de fond. Leur endurance leur permet de couvrir de longues distances, avec des pointes atteignant 45 km/h, voire même plus sur de courtes distances.

En Alaska, une meute a parcouru 1 126 km en 42 jours.

Le loup possède une faible vue frontale. Par contre, il dispose d’une formidable vision périphérique. Son champ visuel atteint 250°.

La nuit, ses yeux paraissent phosphorescents car ils sont tapissés d’une couche de cellules, le tapetum lucidum. Cette caractéristique lui permet de voir aussi bien la nuit que le jour.

Son sens le plus développé est sans conteste son ouïe.

Un loup en liberté peut vivre une dizaine d’années et jusqu’à 20 ans en captivité.

Vie sociale du loup

Les loups vivent en meute de 7 à 12 individus et entretiennent des liens sociaux très étroits. Dirigée par un couple dominant, la meute suit son chef.

La meute la plus nombreuse jamais observée était composée de 36 membres et vivait en Alaska. Le couple dominant est uni pour la vie ; seul ce couple peut se reproduire. Cette limitation volontaire permet à la meute de pouvoir nourrir les petits.

Le loup dominant et sa femelle sont habituellement nommés « mâle et femelle alpha ». Viennent ensuite leurs subordonnés qui sont souvent plus jeunes.

Il arrive souvent qu’il y ait un souffre-douleur dans une meute. Ce bouc émissaire est appelé « loup oméga ». Il subit les brimades de ses congénères, exactement de la même manière, que certains enfants à l’école.

Un loup dominant conserve son titre environ 3 ans en moyenne. L’époque du rut est l’occasion de remettre le pouvoir en cause. Ces luttes sont sans pitié.

Contrairement à ce que l’on croit souvent, le loup n’est pas un nomade. Chaque meute possède son territoire.

Le loup a un sens de la territorialité très poussé et tout intrus est tué sans pitié.

Des guerres territoriales peuvent s’engager entre meutes rivales.

La dimension du territoire est variable et est estimée en moyenne à 80 km² par individu.

Quand les loups quittent leur territoire, c’est pour suivre les déplacements du gibier. Ils obéissent ainsi à des impératifs de migration.

Le langage du loup

Hurler est un moyen de montrer l’unité du groupe et de toujours garder le contact. Le hurlement du loup s’entend à une distance de 8 à 10 km en terrain ouvert mais certains ont entendu des hurlements distants de 16 km.

Une meute hurlante peut s’entendre dans un rayon de 300 km².

Chaque loup possède un hurlement qui lui est propre.

On distingue chez le loup quatre types de vocalisation :

  • Le pleurnichement
  • L’aboiement
  • Le grondement
  • Le hurlement

Le langage du corps est également très important. On distingue principalement 4 expressions corporelles :

La satisfaction : le loup entrouvre sa gueule en ne montrant que le bout des crocs et sans froncer le museau

L’agressivité : le loup montre ses incisives et ses crocs en fronçant le museau, oreilles orientées vers l’avant et la queue droite dressée très haut

La soumission : le loup rabat ses oreilles sur sa tête, la queue est rabattue entre les pattes

La confiance : il dresse la queue en s’approchant d’un congénère

Le loup: un vrai prédateur

Le loup passe le tiers de son existence à traquer des proies. Malgré son intelligence et son opportunisme, il rentre souvent le ventre vide de sa chasse.

Seules 10% de leurs tentatives sont couronnées de succès.

Il se nourrit presque exclusivement de viande bien qu’à l’occasion il mange des fruits ou des plantes.

Il doit avaler 2 kg de viande par jour. Si une grosse proie se présente, il pourra alors jeûner une semaine.

Le loup n’hésite pas à attaquer des proies dix fois plus grosses que lui comme l’élan ou le bœuf. Ils chassent toujours en meute, harcelant et encerclant la proie jusqu’à la mise à mort.

Mais un loup ne tue que quand il a faim car chaque chasse demande à la meute beaucoup d’énergie. Le travail se fait en équipe, coordonné par le chef de meute.

Les scientifiques ont pu observer exceptionnellement un phénomène qu’ils nomment le « surplus killing ».

Celui-ci survient quand les loups se retrouvent face à des animaux domestiques comme les moutons. Ces proies, au lieu de se disperser, se regroupent. Le loup perd alors ses repères de prédateur et répète ses attaques sur le troupeau au lieu de mettre à mort une proie unique.

Le même comportement a été observé chez le renard dans un poulailler.

Les loups se nourrissent d’ailleurs plus souvent de petits mammifères comme les marmottes, les lapins ou les rats. Ces chasses, sans difficulté, s’opèrent seul.

On a constaté que les loups ne tuaient pas au hasard. Ils choisissent des animaux âgés ou affaiblis.

Un loup adulte peut engloutir 10 kg de viande en un seul repas. Sa mâchoire peut exercer une pression de plus de 150 kg/cm².

Reproduction du loup

Le couple dominant se montre particulièrement affectueux avant de s’accoupler. Ce couple se forme pour la vie et mène une entente parfaite.

Cependant, si l’un des deux partenaires disparaît, l’autre se remettra « en ménage ».

Pendant la période du rut, la femelle dominante harcèle les autres louves pour les empêcher de s’accoupler.

Après 62 à 63 jours de gestation, 4 à 5 petits en moyenne de 300 à 500 g viennent au monde.

Les jeunes sont sourds et aveugles à la naissance. Leur mère les allaite pendant 1 mois 1/2. Le père est aussi attentif auprès de ses petits que la mère.

Les membres de la meute adorent s’occuper de la progéniture du couple. Les jeux font partie de l’apprentissage des louveteaux.

Les adultes surveillent et encadrent les jeux des jeunes. Les femelles du clan jouent le rôle de nurses ou même de mères de substitution si la mère biologique disparaît.

Quand les petits quittent la tanière, leur mère suivie de la meute, les emmène vers un endroit choisi à l’avance. Ce territoire d’été, appelé « site de rendez-vous » par les biologistes, permet au clan de passer la belle saison.

Ce n’est qu’à 8 mois que les louveteaux participent activement à la chasse.

Les jeunes quittent la meute, en général, à la maturité sexuelle soit vers 22 mois. Soit, le jeune trouve un territoire et créé sa propre meute, soit il rejoint un clan existant.

Ce moment appelé « dispersion » évite la surpopulation sur un territoire et la consanguinité.

Le loup et l’homme

Haïs par les pionniers et les éleveurs, les loups sont devenus des ennemis à abattre en 1900. Il a été exterminé dans tout l’Ouest américain mais également en Europe.

Le dernier loup français aurait été tué dans le Limousin en 1937. C’est en 1992 que l’on aperçut, par hasard, deux loups dans le parc du Mercantour, dans les Alpes. On pense qu’ils venaient d’Italie. C’est seulement cette année là que le loup a obtenu le statut d’espèce protégée en France.

Il a également fait sa réapparition en Suisse, en Allemagne, en Finlande et même en Israël.

On estime la population de loups en France à une trentaine d’individus, contre 2 500 en Espagne ou 500 en Italie.

Confiné au Canada, en Alaska et au Groenland, le loup n’a été réhabilité en Amérique du Nord qu’en 1970.

Mais les éleveurs se sont opposés à leur réintroduction.

Il a fallu attendre 1995 pour qu’une loi autorise sa réintroduction dans le parc de Yellowstone dans l’Ouest américain. On compte actuellement environ 200 000 loups à travers le monde.

Malgré de nombreuses violations dans différents pays, il est rassurant de constater avec quelle facilité le loup reconquiert les habitats d’où il avait été chassé.

Source « Dinosoria »

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