HURLEMENTS, MARQUAGES DU LOUP

20 Jan

Le loup hurle pour différentes raisons. La principale : le plaisir. Le plus souvent, les loup hurlent ensemble pour affirmer les liens du clan. Encore une fois, c’est le plaisir qui les y conduit. D’ailleurs, le loup ne hurle pas, dit-on. Il chante.

Les loups hurlent ensemble pour affirmer l’unité du clan. Et pour le plaisir, surtout. Le hurlement n’est donc pas différent d’un grand chant que les hommes se réunissent pour entonner.

Une caresse, un regard, un remerciement, un gémissement… Ou alors un grognement, une démarche, un simulacre de morsure… Tout est communication chez le loup. L’entente et la compréhension qui habitent un clan de loups ont beaucoup surpris les observateurs. L’homme qui croit encore parfois détenir le monopole du langage et tente même de se définir comme tel est loin d’imaginer le monde communicationnel qui entoure le loup. Tout comme c’est le cas entre les hommes – même mieux selon certains -, les messages passent entre les loups avec une grande transparence. Dans le silence des gestes, des odeurs, des attitudes et des yeux ou par de violents aboiements, de doux gémissements ou de grands hurlements, le clan garde constamment le contact avec tous ses membres. Apothéose de la communication, le hurlement a pour fonction première de réaffirmer les liens qui unissent les loups du clan : comme un grand chant.

 

LES HURLEMENTS

D’une manière plus classique, ou au moins plus évidente pour l’homme, les sons constituent un second moyen de communication. Entre eux, les loups l’utilisent pour exprimer des sentiments, pour se retrouver ou pour rassurer les petits, par exemple. Mais celui-ci a une plus large portée et servira donc également comme contact entre les clans. En réalité, ces sons sont très divers : jappements, grognements, grondements, geignements, vagissements, gémissements, glapissements,… Sans oublier le plus célèbre d’entre eux, le hurlement, dont la force évocatrice a un effet fascinant sur l’homme. Le loup, contrairement aux idées reçues, peut hurler à tout moment de la journée, bien que l’on puisse lui remarquer une préférence pour l’aube et le crépuscule. La pleine lune, c’est plutôt le choix du conteur ou du photographe.

Si le loup hurle à différents moments, il le fait aussi pour différentes raisons : rallier le clan, prévenir de sa présence un autre clan, exhorter le clan avant la chasse, mais aussi par plaisir… En vérité, le loup n’a pas toujours besoin de raisons pour hurler. La solitude en est une mais, encore une fois, malgré les légendes, ce cas est des plus rares. Les loups préfèrent chanter ensemble. Les spécialistes s’accordent à reconnaître que le loup ne hurle pas ; il chante ! En effet, ce chant peut être considéré comme un hymne à la solidarité dans la mesure où sa fonction première est de réaffirmer la cohésion du groupe. Il se pratique pour le plaisir avec des variations constantes et propres à chaque individu, bien que celles-ci soient imperceptibles à une oreille humaine non experte. Ces diverses modulations permettent de se faire reconnaître, de transmettre des sentiments, mais aussi, à en croire Farley Mowat et les Esquimaux, à communiquer des informations parfois complexes, comme, par exemple, l’arrivée imminente d’un troupeau de caribous et sa localisation.

Même si, en ce qui concerne ces messages entre loups, la preuve reste à apporter, certains Esquimaux peuvent retrouver un troupeau de caribous à la seule écoute du loup. Force est de constater que le hurlement est un véritable langage. Quand un loup chante, les autres répondent au loin (jusqu’à quinze kilomètres). Si l’homme le fait, ils répondent également. Que peuvent-ils vouloir nous dire ? S’agit-il seulement de marquer un territoire?

Chaque odeur porte un message

Pour marquer son territoire, le loup dispose d’un troisième moyen de communication très efficace : l’odorat, qu’il a quatre-vingts fois plus développé que l’homme. Comme on peut le voir faire chez le chien, pour lequel cet héritage a perdu la majeure partie de son utilité, le loup urine épisodiquement sur des souches, des branches, des rochers, aux abords de son territoire – chez un chien, cela peut rendre très longue la plus simple promenade. Au chevauchement de deux territoires adjacents, on trouve deux marques odorantes, mais un loup ne s’aventure généralement pas en territoire étranger. Les intrus, à moins d’être connus du clan, reçoivent souvent un accueil glacial mais les loups les tolèrent et leur accordent un droit de passage, voire de chasse. L’étendue d’un territoire dépend de la taille du clan et de la densité des proies. Elle est donc très variable. Elle peut aller de 50 à 1500 kilomètres carrés et connaître des mouvements en fonction des conditions du moment et des constantes fluctuations des proies. Une nouvelle fois, la capacité d’adaptation s’avère l’un des principaux  atouts du loup.

En résumé, le chien qui hurle et aboie sans raison apparente, qui urine par petites doses successives le long d’une avenue, ou qui roule sur le dos pour accueillir son maître, rappelle ces ces trois modes de communication dont il a hérité de son ancêtre.

 

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